Tarifs Canada–États-Unis : ce qu’il faut savoir et ce que cela signifie pour les investisseurs
26 août 2026
Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent d’évoluer rapidement. L’imposition de nouveaux tarifs douaniers américains et les mesures de rétorsion annoncées par le Canada soulèvent naturellement des questions chez les entreprises, les investisseurs et les Canadiens.
Dans ce contexte, des experts ont partagés les perspectives de plusieurs gestionnaires et analystes afin de mettre la situation en perspective.
Le message principal est clair : l’incertitude demeure élevée, mais l’impact économique immédiat des nouvelles mesures devrait rester relativement limité. Pour les investisseurs, il demeure surtout important de garder une perspective à long terme et de ne pas laisser les manchettes dicter les décisions de placement.
Où en sommes-nous?
Les discussions commerciales entre Ottawa et Washington n’ont pas permis d’aboutir à une nouvelle entente. Les États-Unis ont donc annoncé de nouveaux tarifs de 50 % sur certains produits canadiens, auxquels le Canada répondra par des mesures tarifaires visant certains produits américains.
Il est toutefois important de mettre ce chiffre en contexte : les produits concernés représentent une proportion relativement faible des exportations canadiennes vers les États-Unis, soit environ 5 %. De plus, certains secteurs stratégiques, notamment l’énergie, la potasse et plusieurs minéraux critiques, sont épargnés par les nouvelles mesures.
Ainsi, même si les tarifs peuvent avoir des conséquences importantes pour certaines entreprises et certains secteurs, leur impact économique global devrait demeurer gérable à court terme.
Le véritable enjeu : l’avenir de l’ACEUM
Au-delà des tarifs annoncés, le principal élément à surveiller demeure l’avenir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
L’incertitude entourant le renouvellement et l’évolution de cet accord pourrait avoir des répercussions beaucoup plus importantes à long terme que les tarifs actuellement annoncés.
Les prochaines étapes seront donc particulièrement importantes, notamment l’entrée en vigueur des contre-mesures canadiennes prévues le 8 septembre et la possibilité d’une reprise des négociations entre les deux pays.
Quels pourraient être les impacts sur l’économie canadienne?
Les tarifs et les mesures de représailles pourraient exercer une pression modérément négative sur la croissance économique. Certains secteurs sont particulièrement exposés, notamment :
l’acier;
le bois d’œuvre;
certaines pièces automobiles;
certaines petites et moyennes entreprises qui dépendent fortement du commerce transfrontalier.
Les tarifs pourraient également contribuer à maintenir une certaine pression sur les prix, puisque les entreprises pourraient transférer une partie de leurs coûts supplémentaires aux consommateurs.
Cela dit, plusieurs facteurs pourraient contribuer à soutenir l’économie canadienne, notamment les investissements en infrastructures, les mesures gouvernementales de soutien à l’économie et la vigueur de certaines ressources naturelles comme l’énergie, l’or, le cuivre, l’uranium et la potasse.
Le Canada bénéficie également d’un système bancaire solide, d’une bonne qualité de crédit et de plusieurs leviers budgétaires et monétaires qui pourraient être utilisés au besoin.
Une tendance plus large : la fragmentation du commerce mondial
Selon les experts, la situation actuelle ne doit pas être considérée comme un événement isolé.
Depuis quelques années, l’économie mondiale évolue vers un environnement où les pays cherchent davantage à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, diversifier leurs partenaires commerciaux et réduire leur dépendance à certains marchés étrangers.
Cette tendance pourrait se poursuivre pendant plusieurs années.
Pour le Canada, cela pourrait notamment accélérer certains projets déjà en cours : développement des infrastructures de transport et d’énergie, réduction des barrières commerciales entre les provinces, développement des ressources naturelles et diversification des partenaires commerciaux au-delà des États-Unis.
Et pour les investisseurs?
La volatilité des marchés et les manchettes entourant les tarifs peuvent naturellement susciter de l’inquiétude. Toutefois, les experts rappellent l’importance de conserver une vision à long terme.
Les gestionnaires de portefeuille ne tentent pas de prédire exactement comment les négociations entre le Canada et les États-Unis se termineront. Leur rôle consiste plutôt à analyser différents scénarios, à identifier les risques et à profiter des occasions qui peuvent émerger lorsque les marchés deviennent plus volatils.
Dans ce contexte, la diversification demeure particulièrement importante.
Une exposition à différentes catégories d’actifs, secteurs, régions géographiques et types d’investissements peut contribuer à réduire la dépendance d’un portefeuille à l’évolution d’un seul marché ou d’une seule situation économique.
Par ailleurs, les experts continuent de voir certains éléments favorables au Canada, notamment les valorisations de certains actifs, l’importance des ressources naturelles et l’exposition aux actifs réels et aux devises.
Les principaux points à retenir
1. L’impact immédiat des nouveaux tarifs devrait demeurer limité.
Même si certains tarifs sont élevés, ils touchent une proportion relativement faible des exportations canadiennes et plusieurs secteurs stratégiques sont exemptés.
2. L’ACEUM demeure le principal enjeu à surveiller.
L’évolution des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis pourrait avoir des conséquences beaucoup plus importantes à long terme que les mesures tarifaires actuellement en place.
3. Certaines entreprises et certains secteurs seront davantage touchés.
L’acier, le bois d’œuvre, l’automobile et certaines PME pourraient ressentir davantage les effets des tensions commerciales.
4. Le Canada dispose de plusieurs facteurs de résilience.
Ses ressources naturelles, ses infrastructures, son système bancaire, sa situation budgétaire et ses institutions solides constituent des points d’appui importants.
5. L’incertitude pourrait être là pour rester.
La réorganisation du commerce mondial est une tendance qui pourrait se poursuivre pendant plusieurs années.
6. Pour les investisseurs, la diversification et une vision à long terme demeurent essentielles.
Les fluctuations des marchés peuvent être inconfortables, mais elles peuvent également créer des occasions pour les investisseurs qui maintiennent une stratégie disciplinée.
En conclusion
La situation commerciale entre le Canada et les États-Unis mérite d’être surveillée, mais elle ne doit pas nécessairement être source de panique pour les investisseurs.
L’incertitude fait partie de l’investissement. Les marchés réagissent aux manchettes à court terme, alors que les stratégies de placement sont généralement conçues pour répondre à des objectifs qui s’échelonnent sur plusieurs années.
Dans un contexte comme celui-ci, l’approche consiste donc moins à tenter de prédire la prochaine annonce politique qu’à demeurer discipliné, diversifié et concentré sur les objectifs à long terme.
Ce contenu est présenté à titre informatif seulement et ne constitue pas une recommandation de placement. La situation commerciale entre le Canada et les États-Unis évolue rapidement. Pour toute question concernant votre portefeuille ou votre stratégie de placement, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller financier.

